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 21 fév 2020 12:58 

PAC post-2020: adopter le budget tel quel serait une catastrophe pour nos agriculteurs


Le Ministre fédéral de l’Agriculture Denis DUCARME a rencontré ce matin les représentants des principaux syndicats agricoles en marge du Conseil européen qui se penche aujourd’hui et demain sur le projet de budget européen, notamment sur le financement de la Politique Agricole Commune. Conscient que les négociations seront très difficiles, il plaide une nouvelle fois pour une PAC ambitieuse pour soutenir un secteur agricole confronté à d’importantes difficultés structurelles.

Le Ministre de l’Agriculture Denis DUCARME : « J’ai rencontré les représentants des principales organisations agricoles. La conclusion de cet échange est sans appel : adopter la proposition de budget actuellement sur la table du Conseil européen serait une catastrophe pour nos agriculteurs ! »

« Il faut un budget plus ambitieux pour notre agriculture. C’est la qualité de la nourriture des consommateurs belges et européens qui est en jeu ! Nous devons veiller à dégager les moyens nécessaires pour préserver notre souveraineté alimentaire et protéger notre modèle d’agriculture familiale ! »

« Les négociations en cours seront, on le sait, très difficiles. J’espère qu’elles permettront au Conseil européen d’adapter la proposition budgétaire en faveur de nos agriculteurs ! » 

Une nouvelle diminution drastique des moyens financiers pour nos agriculteurs :

Selon la dernière version de la proposition de budget européen sur la table des négociations, la PAC devrait être rabotée de 15%. Or, le précédent budget (qui couvre la période 2014-2020) actait déjà une diminution historique de 13% par rapport à la PAC 2007-2013[1].

Sur cette diminution de 15%, à peine un tiers (soit environ 16 milliards d’euros) serait imputable au Brexit et donc au retrait de la contribution britannique au budget européen.

La Belgique serait touchée de plein fouet par cette diminution. Ainsi, les aides directes aux éleveurs belges (1er pilier de la PAC) devraient baisser de 18% pour la période 2021-2027,  soit un montant de 700 millions d’euros en moins sur les 3 milliards d’euros actuels. L’aide au développement rural (2ème pilier) serait quant à elle rabotée de 15,2%, soit une diminution de 84 millions d’euros.

Au total, la proposition actuellement sur la table pourrait aboutir à une diminution de près de 800 millions d’euros pour notre pays, ce qui conduirait à un financement total de 3,480 milliards d’euros.

La Belgique compte environ 70.000 agriculteurs. La proposition actuellement sur la table du Conseil européen pourrait aboutir à une diminution des aides de l’ordre de 1.360 euros par an pour chacun d’entre-eux et ce, uniquement pour ce qui concerne les aides directes (1er pilier) ! 

Concrètement, outre une diminution importante des revenus des agriculteurs belges issus du premier pilier, des projets issus du développement rural visés par le deuxième pilier (aides à l’installation de jeunes agriculteurs, formations pour les exploitants, aides pour l’agriculture biologique, etc.) risquent de devoir être supprimées faute de financement.

Non à la pérennisation du mécanisme de convergence externe !

Le mécanisme de convergence externe est un mécanisme d’harmonisation des aides financières octroyées par hectare. Un mécanisme aujourd’hui critiqué par plusieurs Etats membres qui le jugent à la fois inéquitable et inefficace. Le Conseil européen devra également se prononcer sur une proposition visant à pérenniser ce mécanisme.

Denis DUCARME estime que l’Union européenne doit au contraire davantage revenir à un modèle d’aides directes opérant une distinction entre les pays en fonction du coût de la terre et du coût de leur main d’œuvre : « C’est évidemment un aspect extrêmement sensible pour nos agriculteurs : le coût de la main d’œuvre et de la terre est en effet élevé dans notre pays. Refuser de pérenniser le mécanisme de convergence externe, c’est tout simplement une question de concurrence loyale entre les Etats-membres ! » souligne le Ministre fédéral de l’Agriculture.

Un secteur agricole belge en grande difficulté, de nouvelles fermes vont fermer !

L’agriculture européenne est, comme on le sait, confrontée à d’importantes difficultés structurelles ainsi qu’à de nombreux défis. En Belgique, Denis DUCARME a d’ailleurs reconnu plusieurs secteurs en crise, notamment les secteurs bovin, porcin ainsi que le secteur des pommes et des poires. D’autres secteurs, tels que le sucre et le lait, sont également confrontés à d’importantes difficultés.

Ces difficultés structurelles se traduisent très concrètement par la diminution importante du nombre d’exploitations. Ainsi, dans notre pays, le nombre de fermes a diminué de 68% entre 1980 et 2018. Un phénomène qui risque encore de s’accentuer si la proposition de budget européen actuellement sur la table venait à être adoptée telle quelle.


[1] La PAC coûte aujourd’hui approximativement 100 euros par an et par habitant, un prix permettant  à l’UE de conserver son autonomie alimentaire. Alors que dans les années 1970, la PAC représentait le premier poste de dépenses de l’Union européenne avec 70 % du budget total, 2007-2013 42%, en 2016, elle ne représentait déjà plus que 38 % du budget de l’UE. La dernière proposition formulée, basée sur une précédente proposition de la Commission européenne, la fixe à 30% pour la période 2021-2027.



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